Capsulite: devriez-vous avoir une infiltration?


Les douleurs persistantes à l'épaule entraînent souvent la même question: devrais-je accepter de recevoir une infiltration ?


Mon article d'aujourd'hui vous donne des informations et des conseils sur le sujet dans un contexte de capsulite, et ce, en s'appuyant sur la publication de récentes données scientifiques.


Bonne lecture !


Denis


Qu’est-ce que la capsulite?


La capsulite de l'épaule est un problème complexe et ses causes demeurent controversées. Elle consisterait, entre autres, en un excès de tissu fibreux, en un épaississement de la capsule (l’enveloppe de l’épaule) et à l’apparition d'adhérences à l’épaule et à la région de l'omoplate, c'est-à-dire que des tissus adhéreraient l'un à l’autre (ex.: un ligament), limitant ainsi la mobilité et causant des douleurs importantes.


La diminution marquée des capacités physiques de la personne est aussi un élément distinctif d’une capsulite, comme mettre la main dans le dos ou effectuer des mouvements qui requièrent de lever le bras plus haut que l'épaule.


La capsulite est également associée à des tensions musculaires importantes dans la région de l’omoplate et du cou.


La capsulite touche particulièrement les femmes âgées de 40 à 60 ans.


Les synonymes de la capsulite sont l'épaule gelée, la capsulite rétractile et la capsulite adhésive.

La capsulite touche particulièrement les femmes âgées de 40 à 60 ans.

Des stades pas très olympiques


Vous ne vous sentirez certainement pas au meilleur de votre forme si vous avez une capsulite, du moins en ce qui concerne votre épaule et votre sommeil (la capsulite perturbe très souvent la capacité à trouver une position de sommeil confortable).


Pour y voir un peu plus clair, souvenez-vous que la capsulite évolue la plupart du temps en trois stades qui n'ont rien d'olympiques:


[1] Le stade « ouch ! »: apparition progressive de la douleur, de faible à très forte, et d'une limitation de mobilité de l’épaule dans des mouvements qui requièrent une élévation du bras de plus de 90°.


[2] Le stade « c'est gelé ! »: perte majeure de mobilité du bras. La raideur est si marquée que même les mobilisations faites en physiothérapie sont également associées à des raideurs importantes.


[3] Le stade « ça dégèle ! »: la douleur diminue et la mobilité augmente, bien souvent à l’aide d’interventions spécifiques.


Certains auteurs associent chaque stade à une durée approximative. À la lumière de mon expérience, il est pratiquement impossible de prédire la durée de chaque stade pour un patient, chaque cas étant unique.



Agir dès l’apparition des premiers symptômes


Il est fréquent de rencontrer des personnes aux prises avec une capsulite depuis des mois. On se dit que la douleur finira par passer, entre autres, parce qu’aucun élément déclencheur de la capsulite n’est souvent initialement remarqué.


Mais le temps n’arrange pas toujours les choses...


  • une résolution incomplète surviendrait d’ailleurs chez environ 40 % des personnes ayant souffert d’une capsulite qui seraient aux prises avec de l’inconfort et des limitations fonctionnelles ;

  • 11 % des personnes conserveraient au moins une incapacité permanente reliée à l’épaule ;

  • 12 % développent une capsulite aux deux épaules, bien que celles-ci ne surviennent pas systématiquement au même moment.


Ces données sont tirées d’une étude récemment publiée dans le Journal international de chirurgie.


Il est donc important d’agir dès l’apparition des premiers symptômes et voici quelques-uns (bien qu’ils ne soient pas tous spécifiques à la capsulite), soit des mouvements ou des positions qui deviennent de plus en plus difficiles à faire ou à prendre:


  • placer la main dans le dos, comme mettre un soutien-gorge ;

  • dormir sur le côté de l’épaule atteinte ;

  • lever la main au-delà de l’épaule ;

  • en voiture, prendre un objet sur la banquette arrière à partir du siège du conducteur ;

  • en voiture, tirer la ceinture de sécurité.

Environ 12 % des personnes ayant une capsulite en développent aux deux épaules, bien qu’elles ne surviennent pas systématiquement au même moment.

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Les traitements


Voici quelques pistes de traitements de la capsulite (j’aurai l’occasion de revenir dans de prochains articles de blogues sur chacun de ces items) :


  • un programme d’exercices ;

  • des traitements de physiothérapie ;

  • un traitement pharmacologique (ex.: antidouleurs) ;

  • une infiltration (ex.: cortisone) ;

  • une infiltration sous échographie ;

  • une arthrographie distensive ;

  • une manipulation sous anesthésie.



Faut-il vous faire infiltrer ?


L’immense majorité de mes patients aux prises avec une capsulite se font proposer des infiltrations.


Il en existe plusieurs types, certaines ont lieu sous échographies et sont généralement plus efficaces puisqu’il est plus facile de localiser le site problématique. Cette logique tient aussi pour une infiltration dans un contexte de tendinite (tendinopathie).


Une méta-analyse a d’ailleurs fait la démonstration que les infiltrations seraient efficaces pour diminuer la douleur associée à la capsulite.


C’est génial!, pourrait-on dire.


Un premier « hic »: les auteurs de la méta-analyse affirment que ce soulagement en est un à court ou moyen terme, tout au plus de 3 mois. Cela est d’ailleurs en accord avec les résultats d’autres études semblables.


Un deuxième « hic »: les auteurs de la méta-analyse n’ont pas évalué les capacités fonctionnelles, la force et la mobilité de l’épaule, des éléments pourtant cruciaux dans un contexte de capsulite.


L’inflitration est-elle inutile pour autant ?


Bien sûr que non.


Par exemple, le fait de mieux contrôler la douleur permet de mobiliser plus facilement l’épaule en physiothérapie. Elle permet aussi une meilleure progression durant l'essentielle (!) période de rééducation, celle-ci consistant à récupérer la force, la mobilité et les capacités fonctionnelles de l’épaule, mais aussi du bras, de la main, du cou et de la cage thoracique.


Plusieurs de mes collègues seraient d’accord avec moi en affirmant que l’infiltration n’est pas recommandée lorsqu’elle est faite de façon répétée, sans entraîner de soulagement significatif, et lorsqu’elle n’est pas accompagnée d’un programme d’exercices et de mobilisation de l’épaule.

L’infiltration n’est pas recommandée lorsqu’elle est faite de façon répétée, sans entraîner de soulagement significatif, et lorsqu’elle n’est pas accompagnée d’un programme d’exercices et de mobilisation de l’épaule.

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Et l’arthrographie distensive, est-elle une bonne idée?


L’arthrographie distensive est une intervention faite par un radiologiste. Elle consiste en une infiltration d’une solution saline, d’un analgésique et de cortisone. Le contrôle de la douleur et la diminution de l’inflammation comptent parmi les objectifs thérapeutiques de l’arthrographie distensive.


On la répète généralement à quelques reprises et il est généralement recommandé de consulter un physiothérapeute dans les heures qui suivent l’arthrographie distensive.


Une étude publiée par des chercheurs du Royaume-Uni a démontré que l’arthrographie distensive était efficace pour augmenter la mobilité de l’épaule lorsqu’elle était associée à un programme d’exercices et à des traitements de physiothérapie.


La prudence est toutefois de mise quant à la généralisation de ces résultats puisque seulement 39 patients ont participé à l’étude et que ceux-ci étaient divisés en deux (petits) groupes.


Une autre étude publiée récemment par des chercheurs de la Tokyo women’s medical University et réalisée auprès de 255 patients a aussi démontré l’efficacité de l’arthroscopie distensive. L’importance des adhérences entre la longue portion du biceps et le ligament coraco-huméral jouait cependant un rôle déterminant dans la récupération des capacités physiques. Ces termes sont certes précis et techniques, mais l'importance de considérer ces régions anatomiques justifie, je crois, leur mention.


Un autre élément qui doit être considéré en ce qui concerne l’arthrographie distensive: elle serait moins efficace chez les personnes diabétiques.


L’amélioration observée serait moindre quant à la diminution de la douleur, la mobilité et les capacités fonctionnelles, du moins, selon Tarek Boutefnouchet et son équipe du CHU Coventry and Warwickshire, à Birmingham.

L’arthrographie distensive serait moins efficace chez les personnes diabétiques.

J’espère que les informations de cet article vous aideront à y voir plus clair en ce qui concerne la capsulite!

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Suggestion de lectures et de programme d'exercices


(Exercices tirés du livre 99 façons de prévenir les effets du vieillissement)


Lecture

La section sur la santé osseuse (p. 10 à 26), la santé des muscles (p. 27 à 52) et la mobilité (p. 53 à 68).


Programme d’exercices

Aucun exercice ne doit reproduire la douleur. Suivez les principes de progressivité, c'est-à-dire que vous devez adapter à vos capacités l'amplitude des mouvements faits pendant les exercices ainsi que la vitesse et le nombre de répétitions. La progression doit se faire lentement, par exemple, lorsque la mobilité de votre épaule le permet. Au besoin, prenez une journée de repos avant de refaire les exercices. Choisissez de 4 à 6 exercices parmi ceux-ci:

1-4L et 4M.

2-10A, 10B, 10C, 10E, 11F, 11G, 11H et 13E.

3-20A, 20B, 20C, 20D, 20E, 20F et 20G.

4-33E et 33K.



Une conférence?

Denis consacre une grande partie de ses activités professionnelles à donner des conférences, au Québec et à l'étranger, que ce soit en milieu de travail, en entreprise ou dans des organismes communautaires.


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Des guides pratiques et utiles


Denis est physiothérapeute et un clinicien expérimenté, minutieux et reconnu. Il est aussi auteur et chroniqueur à la radio et à la télé.


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© Denis Fortier 2015-2020

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