Vertiges positionnels (VPPB) : comprendre… et traiter efficacement
- Denis Fortier

- 27 déc. 2025
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 30 déc. 2025

Parfois, tout tourne alors qu’on est simplement couché, qu’on se retourne dans le lit ou qu’on se penche pour attacher ses chaussures. Ces épisodes peuvent durer quelques secondes, revenir en vagues, s’accompagner de nausées et donner une impression de perte de contrôle. Cette forme particulière de vertige s’appelle le vertige positionnel paroxystique bénin, aussi connu sous l’acronyme VPPB.
Dans mon article d’aujourd’hui, je vous propose de revenir sur ce trouble relativement fréquent, sur ce qu’on sait aujourd’hui de ses causes, de son évolution… et surtout sur les solutions efficaces qui existent.
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Quand le système de l’équilibre perd ses repères
D'abord un mot sur ce qui se passe dans l’oreille interne, car c’est là que se trouve une grande partie de notre système de l’équilibre. On y retrouve trois canaux semi-circulaires, remplis d’un liquide qui bouge lorsqu'on tourne la tête — un peu comme la bulle d’un niveau qui indique une inclinaison. On y trouve aussi de minuscules cristaux (les otolithes), essentiels pour informer le cerveau sur la position et les accélérations. Lorsque certains de ces cristaux se détachent et migrent dans un canal où ils ne devraient pas se trouver, ils perturbent l’information transmise au cerveau.
Résultat : le système de l’équilibre est « trompé »… et la sensation que tout tourne apparaît. Évidemment, les choses sont un peu plus complexes qu’un simple cristal déplacé, mais cette image permet de bien comprendre l’essentiel.
Le VPPB survient donc lorsque ces cristaux déplacés stimulent de façon inadéquate les capteurs du mouvement. Avec l’avancée en âge, après un traumatisme ou parfois sans cause évidente, cette situation devient plus probable et peut avoir des répercussions bien réelles sur la qualité de vie, la mobilité et même le risque de chute, surtout chez les personnes plus âgées.
Heureusement, le VPPB fait partie de ces troubles où les traitements sont souvent efficaces. Il existe des manœuvres de repositionnement, réalisées par des professionnels formés, qui permettent dans bien des cas de replacer ces cristaux là où ils doivent être. Différentes variantes existent selon le canal concerné, et plusieurs travaux confirment des taux de succès élevés, même lorsqu’on tient compte des différences de techniques et de profils de patients.
Lorsque certains de ces cristaux se détachent et migrent dans un canal où ils ne devraient pas se trouver, ils perturbent l’information transmise au cerveau. Résultat : le système de l’équilibre est « trompé »… et la sensation que tout tourne apparaît.
Quand le vertige n’en a pas l’air
Le VPPB n’est pas toujours spectaculaire, avec une pièce qui semble tourner autour de soi. Chez certaines personnes, surtout plus âgées, il ne se manifeste pas forcément par une sensation de rotation. On observe plutôt une impression d’instabilité, une démarche moins assurée… parfois même des chutes inexpliquées.
Ce portrait clinique plus discret explique pourquoi le VPPB est parfois sous-diagnostiqué. Pourtant, un dépistage adapté et quelques ajustements dans les tests et les traitements peuvent faire une grande différence. Par exemple, des stratégies alternatives existent lorsque la mobilité cervicale est limitée, lorsque s’allonger complètement est difficile ou lorsque la tolérance aux positions est réduite. Des versions modifiées de tests, des manœuvres adaptées ou encore l’utilisation de lits ajustables permettent d’évaluer et de traiter des personnes plus fragiles, en toute sécurité.
Pourquoi cela revient-il… et pour qui est-ce plus probable?
Certaines personnes vivent un seul épisode dans leur vie; d’autres en présentent plusieurs. La recherche a mis en évidence des facteurs associés au risque de récidive : l’âge avancé et les processus dégénératifs, certaines maladies métaboliques, l’ostéoporose, un traumatisme crânien ou encore une carence en vitamine D.
L’analyse montre aussi que le risque de récidive n’est pas uniforme. Certaines conditions, comme l’hypertension, le diabète, la migraine ou la maladie de Ménière augmentent la probabilité d’un retour des symptômes. Tenir compte de ces éléments permet de mieux cibler la prévention, d’ajuster les suivis et d’informer plus précisément les patients.
La recherche a mis en évidence des facteurs associés au risque de récidive : l’âge avancé et les processus dégénératifs, certaines maladies métaboliques, l’ostéoporose, un traumatisme crânien ou encore une carence en vitamine D.
Au-delà des vertiges : émotions, quotidien… et même les saisons
Quand le monde semble soudainement tourner autour de nous, cela inquiète. Cela peut ébranler la confiance en son corps, limiter les sorties, modifier les habitudes. Ce n’est donc pas un hasard si certaines études montrent un risque plus élevé d’anxiété ou de dépression après un épisode de vertige périphérique — une catégorie qui inclut le VPPB, puisqu’il provient de l’oreille interne — surtout lorsque les épisodes sont répétés ou handicapants.
Certaines recherches observent également une variabilité saisonnière, avec davantage de cas rapportés durant les mois plus froids. Des hypothèses évoquent notamment des variations de luminosité, des facteurs biologiques liés à la vitamine D ou encore certaines influences climatiques. Même si tout n’est pas encore entièrement expliqué, cela rappelle que le VPPB n’est pas qu’un simple phénomène mécanique : c’est une réalité clinique influencée par plusieurs facteurs et encore activement étudiée.
Ce qu’il faut retenir
Le VPPB est fréquent. Il peut être déstabilisant, inquiétant, parfois limitant… mais il se traite très bien dans la majorité des cas lorsque le diagnostic est posé correctement.
Si vous vivez des vertiges déclenchés par des mouvements de tête, s’ils se répètent, s’accompagnent d’une perte de stabilité ou affectent vos activités quotidiennes, il est utile d’en parler à un professionnel de la santé, comme un médecin ou un professionnel de la physiothérapie. Une évaluation appropriée, des manœuvres adaptées et, au besoin, une prise en compte de certains facteurs associés peuvent faire une réelle différence.
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Références
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