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Souplesse musculaire : pourquoi elle compte vraiment

  • 24 févr.
  • 4 min de lecture

La souplesse est souvent associée aux étirements de fin d’entraînement, statiques ou dynamiques, ou aux postures de yoga impressionnantes. Pourtant, dans la vie quotidienne, elle joue un rôle déterminant : attacher ses chaussures, regarder derrière soi en voiture, se relever d’un fauteuil bas ou se pencher pour sortir la lessive de la machine. Lorsque la mobilité diminue, ces gestes deviennent moins fluides, parfois plus exigeants.


Avec le temps, le travail assis ou simplement un mode de vie plus sédentaire, plusieurs remarquent une sensation de raideur. Les mouvements semblent plus courts, moins naturels. Une situation inévitable ? Pas du tout — et la science nous aide aujourd’hui à mieux comprendre pourquoi.


Pour approfondir certains aspects abordés ici, plusieurs vidéos sur ma chaîne YouTube explorent la mobilité, les étirements statiques et dynamiques, et le mouvement fonctionnel de façon concrète et accessible.



La souplesse n’est pas figée


Contrairement à une croyance répandue, la souplesse musculaire n’est pas un trait immuable, comme la couleur des cheveux ou la taille à l’âge adulte. Une revue systématique avec méta-analyse confirme que des exercices d’étirement pratiqués pendant quelques semaines augmentent significativement l’amplitude articulaire.


Les gains observés peuvent varier selon différents facteurs, dont la technique utilisée, l’intensité et la régularité de la pratique. On peut donc affirmer que la souplesse s’entraîne. Comme l’endurance ou la force, elle s’adapte aux stimulations répétées.

Bonne nouvelle : nul besoin d’y consacrer des heures. Quelques minutes bien ciblées peuvent déjà rendre plus faciles des gestes, comme se pencher, se tourner ou lever les bras sans sensation de raideur.



Que change réellement l’étirement ?


On croit souvent que les étirements « allongent » les muscles. En réalité, les données scientifiques montrent plutôt que le corps devient progressivement plus tolérant au mouvement.


Une synthèse récente indique que les gains d’amplitude proviennent surtout d’adaptations neuromécaniques — c’est-à-dire des ajustements dans la façon dont le système nerveux et les muscles interagissent pour contrôler le mouvement — et d’une diminution de la raideur du système muscle-tendon, l’ensemble formé par le muscle et le tendon qui transmet la force au squelette.


Ces adaptations incluent :


• une diminution de la raideur du complexe muscle-tendon ;

• une meilleure tolérance à l’étirement ;

• des adaptations du système nerveux.


Progressivement, le corps reconnaît le mouvement comme étant sûr et acceptable, ce qui permet d’aller plus loin sans inconfort.


Quelques minutes peuvent suffire


Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la durée n’est pas le facteur déterminant. Les synthèses scientifiques sur l’entraînement par étirement suggèrent que de courts étirements, répétés régulièrement, suffisent pour améliorer l’amplitude articulaire, et qu’un volume très élevé ou une fréquence très élevée n’est pas indispensable pour maximiser les gains.


Deux à trois courtes séances hebdomadaires permettent déjà d’observer des progrès.


La régularité compte davantage que les longues séances occasionnelles… souvent suivies d’un « on verra la semaine prochaine », puis d’un oubli qui s’étire (et pas dans le bon sens) sur plusieurs semaines.



Souple, oui — hyperlaxe, non


Un ligament est une structure fibreuse non contractile qui relie deux os et contribue à stabiliser une articulation. L’hyperlaxité désigne une amplitude articulaire excessive directement liée aux ligaments. Lorsqu’ils sont très souples, les articulations peuvent ainsi dépasser leur amplitude normale. Certaines personnes y sont naturellement prédisposées.


L’objectif des étirements n’est donc pas d’assouplir les ligaments — ce qui n’est ni possible ni souhaitable —, mais d’améliorer la souplesse musculaire et la capacité d’allongement des tissus mous afin de faciliter les mouvements du quotidien.

Une souplesse musculaire adéquate favorise :


• des gestes plus fluides ;

• une meilleure efficacité des mouvements ;

• un confort articulaire accru ;

• une plus grande aisance dans les activités quotidiennes ;

• une meilleure qualité de mouvement lors des activités physiques et sportives.


À l’inverse, une laxité ligamentaire excessive peut réduire la stabilité articulaire, c’est-à-dire la capacité de l’articulation à rester bien alignée et contrôlée pendant le mouvement, ce qui augmente la sollicitation des muscles stabilisateurs.


L’idéal repose sur un équilibre fonctionnel : une amplitude articulaire suffisante soutenue par un bon contrôle musculaire — un peu comme des pâtes « al dente », souples sans être molles.



Dans la vie de tous les jours


La souplesse influence plusieurs aspects du quotidien. Voici trois exemples.


  1. Chez les personnes qui passent de longues heures assises, assouplir les hanches et l’avant du thorax peut améliorer l’aisance posturale et favoriser une respiration plus ample.

  2. Chez les personnes actives, maintenir une bonne amplitude articulaire permet d’exécuter les gestes sportifs avec plus d’efficacité et moins de compensations.

  3. Avec l’avancée en âge, préserver cette capacité de mouvement contribue à l’autonomie, à l’équilibre et à la fluidité des déplacements.


La souplesse n’est pas une performance : c’est une liberté de mouvement.


Les étirements ne servent pas à atteindre une posture spectaculaire ni à toucher ses orteils à tout prix. Ils contribuent surtout à maintenir un corps disponible et prêt à bouger.

Quelques minutes, répétées régulièrement, peuvent suffire à préserver cette liberté de mouvement — aujourd’hui comme dans les années à venir.


Pour aller plus loin, mes livres Lève-toi et marche et Plus jamais malade proposent d'autres contenus complémentaires.


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Merci de prendre soin de vous – et à très bientôt.


Denis



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Références


Ingram LA, Tomkinson GR, d'Unienville NMA, Gower B, Gleadhill S, Boyle T, Bennett H. Mechanisms Underlying Range of Motion Improvements Following Acute and Chronic Static Stretching: A Systematic Review, Meta-analysis and Multivariate Meta-regression. Sports Med. 2025 Jun;55(6):1449-1466. doi: 10.1007/s40279-025-02204-7. Epub 2025 Apr 3. PMID: 40180774; PMCID: PMC12152101.


Konrad A, Alizadeh S, Daneshjoo A, Anvar SH, Graham A, Zahiri A, Goudini R, Edwards C, Scharf C, Behm DG. Chronic effects of stretching on range of motion with consideration of potential moderating variables: A systematic review with meta-analysis. J Sport Health Sci. 2024 Mar;13(2):186-194. doi: 10.1016/j.jshs.2023.06.002. Epub 2023 Jun 8. PMID: 37301370; PMCID: PMC10980866.

 
 

Ce site a été mis à jour le 23 janvier 2026. Les informations contenues sur ce site vous sont fournies à titre informatif. En aucun cas, elles ne peuvent remplacer l'avis d'un professionnel de la santé. Consultez votre médecin si vous croyez souffrir d'un problème de santé.

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