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Respirer dans le froid : ce qui se passe vraiment dans vos poumons

  • 17 févr.
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 18 févr.


Respirer par une froide matinée d’hiver donne parfois l’impression que ça « brûle » les bronches. Pourtant, cet inconfort n’est pas qu’une sensation : le froid modifie réellement la façon dont nos voies respiratoires réagissent à l’air que nous inspirons.


Dans mon article d’aujourd’hui, je vous propose de comprendre ce qui se passe lorsque les poumons sont exposés à l’air froid, pourquoi certaines personnes y sont plus sensibles et en quoi un froid modéré n’a pas les mêmes effets qu’un froid intense.


Si ce sujet vous intéresse, j’aborde aussi la respiration, la santé pulmonaire et l’activité physique dans plusieurs vidéos sur ma chaîne YouTube, où je propose des explications simples et des conseils concrets pour rester actif en toute saison.


On peut aussi écouter ma chronique à l'émission Pénélope sur le même sujet en cliquant ici.



Froid… et surtout très sec


L’air froid contient beaucoup moins d’humidité que l’air chaud. À −10 °C, il peut contenir environ cinq fois moins de vapeur d’eau qu’à 20 °C. Chaque inspiration oblige donc les voies respiratoires à humidifier et à réchauffer cet air avant qu’il n’atteigne les poumons.


Ce rôle est assumé principalement par le nez, qui agit comme un véritable système de climatisation biologique. L’air inspiré est normalement réchauffé et humidifié pour se rapprocher des conditions corporelles avant d’atteindre les bronches.


On peut imaginer les voies respiratoires comme un humidificateur domestique : plus l’air est sec, plus le travail est exigeant.


Lorsque la respiration se fait par la bouche — à l’effort ou par grand froid — l’air froid et sec contourne en partie ce système. Il atteint alors les bronches moins réchauffées et moins humidifiées, ce qui augmente le stress sur les voies respiratoires.



Ce qui se passe dans les bronches


Lorsque cet air froid arrive dans les voies respiratoires, les bronches se refroidissent rapidement. L’humidité s’évapore à la surface du mucus qui tapisse les voies aériennes, la muqueuse se déshydrate et l’équilibre osmotique — c’est-à-dire la concentration en eau et en sels autour des cellules — se modifie, ce qui peut déclencher une réaction inflammatoire.


Ce phénomène d’irritation lié à la déshydratation des voies aériennes est bien documenté. Des travaux expérimentaux montrent également une activation de médiateurs inflammatoires et des signes de stress des voies respiratoires après exposition à l’air froid, même chez des personnes en santé.


À garder en tête: la sensation de brûlure n’est pas liée au froid lui-même, mais à l’assèchement rapide des tissus.


Une légère constriction… parfois normale


L’air froid peut provoquer une bronchoconstriction transitoire, soit un léger rétrécissement des voies respiratoires.


Dans une étude menée à environ −15 °C, des adultes en santé ont présenté une diminution mesurable de certains paramètres respiratoires après exposition au froid. Cette exposition s’accompagnait d’une augmentation des symptômes respiratoires et de marqueurs de stress des voies aériennes, sans aggravation significative de la constriction bronchique.


Cette réaction demeure légère et sous le seuil clinique. Il ne s’agit pas d’une maladie respiratoire, mais d’une réponse physiologique d’adaptation. Un peu comme la chair de poule protège la peau du froid, les bronches s’ajustent aux conditions ambiantes.



−5 °C ou −25 °C : une grande différence


Tous les froids ne se valent pas. La réaction respiratoire dépend notamment :


  • de la température réelle ;

  • de l’humidité de l’air ;

  • de l’intensité respiratoire ;

  • de la durée d’exposition ;

  • du fait de respirer par le nez ou par la bouche.


Le stress des voies aériennes augmente lorsque l’air devient très froid et très sec, particulièrement sous −15 °C.


À −5 °C, l’organisme s’adapte généralement bien.


À −25 °C, l’air contient très peu d’humidité : la déshydratation des voies respiratoires s’accélère et les symptômes apparaissent plus facilement.

Pourquoi l’air froid peut faire tousser


La toux hivernale survient souvent sans infection. Elle est liée à l’irritation des voies aériennes, à la sécheresse des muqueuses et à la stimulation de récepteurs nerveux sensibles aux variations osmotiques.


Lorsque les voies respiratoires se déshydratent, l’équilibre hydrique du mucus qui les tapisse se modifie, ce qui active des mécanismes nerveux associés au réflexe de toux.


On peut comparer cette réaction à une peau qui devient sèche et sensible en hiver… sauf que le phénomène se produit ici à l’intérieur des bronches.



Effet d'amplification


L’air froid peut amplifier les effets irritants d’autres facteurs environnementaux comme la pollution atmosphérique, la fumée, les allergènes ou les infections virales.


Le stress épithélial et l’inflammation des voies respiratoires peuvent augmenter lors d’expositions combinées à ces irritants.


En hiver, l’air est plus sec, la pollution peut stagner et nous passons davantage de temps dans des environnements fermés où circulent allergènes et virus. Les voies respiratoires deviennent alors plus vulnérables et réactives.

Cela explique pourquoi l’hiver est parfois plus difficile pour les bronches, même en l’absence de rhume.


Les signaux à surveiller


Chez une personne en santé, respirer par temps froid peut provoquer une sensation vive et mordante dans les voies respiratoires, une toux sèche temporaire, une respiration plus rapide ou une légère oppression passagère.


Ces réactions sont généralement normales et transitoires. Des symptômes persistants ou plus marqués devraient toutefois être évalués par un professionnel de la santé.



Ce qu’il faut retenir


Respirer dans le froid ne se résume pas à une simple sensation de fraîcheur. L’air froid et sec modifie la physiologie des voies respiratoires, entraînant déshydratation, irritation et parfois une légère constriction bronchique.


Un froid modéré est bien toléré par la majorité des personnes. En revanche, plus l’air est froid et sec, plus les voies respiratoires sont sollicitées.


Notre organisme possède une remarquable capacité d’adaptation, surtout lorsqu’on lui laisse le temps de s’ajuster.


Et, malgré l’inconfort occasionnel, respirer l’air froid n’est généralement pas dangereux… même si nos bronches préfèrent nettement les climats plus tempérés.



Pour aller plus loin, mes livres Lève-toi et marche et Plus jamais malade proposent d'autres contenus complémentaires.


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Merci de prendre soin de vous – et à très bientôt.


Denis



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Références


Aggarwal B, Mulgirigama A, Berend N. Exercise-induced bronchoconstriction: prevalence, pathophysiology, patient impact, diagnosis and management. NPJ Prim Care Respir Med. 2018 Aug 14;28(1):31. doi: 10.1038/s41533-018-0098-2. PMID: 30108224; PMCID: PMC6092370.


Edwards DA, Chung KF. Mouth breathing, dry air, and low water permeation promote inflammation, and activate neural pathways, by osmotic stresses acting on airway lining mucus. QRB Discov. 2023 Feb 14;4:e3. doi: 10.1017/qrd.2023.1. PMID: 37529032; PMCID: PMC10392678.

Eklund LM, Sköndal Å, Tufvesson E, Sjöström R, Söderström L, Hanstock HG, Sandström T, Stenfors N. Cold air exposure at - 15 °C induces more airway symptoms and epithelial stress during heavy exercise than rest without aggravated airway constriction. Eur J Appl Physiol. 2022 Dec;122(12):2533-2544. doi: 10.1007/s00421-022-05004-3. Epub 2022 Sep 2. PMID: 36053365; PMCID: PMC9613713.


Hall A, Thomas M, Sandhu G, Hull JH. Exercise-induced laryngeal obstruction: a common and overlooked cause of exertional breathlessness. Br J Gen Pract. 2016 Sep;66(650):e683-5. doi: 10.3399/bjgp16X687001. PMID: 27563141; PMCID: PMC5198683.


Hanstock HG, Ainegren M, Stenfors N. Exercise in Sub-zero Temperatures and Airway Health: Implications for Athletes With Special Focus on Heat-and-Moisture-Exchanging Breathing Devices. Front Sports Act Living. 2020 Apr 28;2:34. doi: 10.3389/fspor.2020.00034. PMID: 33345026; PMCID: PMC7739679.

 
 

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