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Pourquoi “BOUGEZ PLUS” n’est pas toujours le bon conseil à donner !

  • 16 oct. 2025
  • 9 min de lecture


Dans le discours grand public sur l’activité physique, on entend souvent des formules bien intentionnées, mais trop vagues : « Bouge pour être en santé », « Fais un peu d’exercice chaque jour », ou encore « Reste actif ».


Le problème, c’est que ces messages, à force de généralité, manquent de repères concrets : comment bouger, à quelle intensité, combien de temps, et surtout, de quelle manière ?


Sans ces précisions, l’idée de « bouger » finit par perdre de sa portée : les efforts sont parfois mal orientés, les résultats tardent, et la motivation s’essouffle.


Dire « bouge plus », c’est un peu comme dire « mange mieux » ou « dors bien » : des conseils justes dans le principe, mais difficiles à mettre en pratique s’ils ne sont pas accompagnés d’explications simples et concrètes.


Dans mon article d’aujourd’hui, je vous invite à explorer les déclinaisons thérapeutiques et quotidiennes du mouvement — sans théorie rébarbative. Mieux comprendre les mécanismes du corps permet souvent de choisir plus justement ses efforts… et d’en ressentir les effets plus rapidement.


Bonne lecture — et bon visionnement, si vous me suivez aussi sur YouTube !


Contractions musculaires : les modalités et leurs implications


Pour comprendre comment bouger de façon pertinente, il faut d’abord savoir comment les muscles travaillent. Ils ne se contractent pas toujours de la même manière : ils peuvent se raccourcir, s’allonger, rester stables ou travailler à vitesse constante. Ces différences expliquent pourquoi certaines activités renforcent davantage, d’autres stabilisent, et d’autres encore améliorent le contrôle du mouvement.


Voici les principales formes de contraction :


  • Le mode “raccourci” (concentrique) : le muscle se raccourcit pour produire un mouvement, comme lorsqu’on soulève une charge ou qu’on se relève d’une chaise.

  • Le mode “frein” (excentrique) : le muscle s’allonge tout en contrôlant le mouvement, par exemple lorsqu’on descend lentement une charge.

  • Le mode “statique” (isométrique) : le muscle développe une force sans changer de longueur, comme lorsqu’on tient une planche.

  • Le mode “constant” (isocinétique) : le muscle travaille à vitesse stable contre une résistance variable, utilisé surtout en contexte clinique ou de recherche.


La plupart des mouvements combinent plusieurs de ces modes : se lever d’une chaise sollicite à la fois la phase excentrique (descente) et concentrique (remontée).



Des effets bien réels, démontrés par la science


Ces modes de contraction ne produisent pas les mêmes effets sur le corps.


Voici 4 nuances du mouvement.


Nuance 1

Les contractions excentriques (mode frein) recrutent les fibres musculaires d’une façon particulière : elles demandent moins d’énergie, mais génèrent plus de tension mécanique. Ces contraintes stimulent le renforcement musculaire — une excellente nouvelle pour progresser sans augmenter la charge. Elles améliorent aussi la résistance à la fatigue et le contrôle du mouvement. Autrement dit, avec l’excentrique, on en a beaucoup pour son argent.


Nuance 2

Les entraînements excentriques et concentriques donnent des gains musculaires comparables : descendre lentement une charge est donc aussi efficace que la soulever.

Apprendre à ralentir un mouvement sous contrôle, par exemple lors d’une descente de squat, aide à devenir plus fort, plus stable et, jusqu'à un certain point, plus résistant aux blessures.


Nuance 3

En moyenne, les muscles peuvent développer 30 à 40 % de force supplémentaire lorsqu’ils travaillent en mode excentrique. Voilà pourquoi il est plus facile de descendre une charge que de la soulever : le muscle est naturellement plus fort lorsqu’il freine.


Nuance 4

Les exercices combinant phases concentriques et excentriques offrent généralement les meilleurs gains de force. Monter et descendre la charge avec contrôle, sans négliger ni la poussée ni la descente, reste la stratégie la plus efficace.


Pas besoin d’y penser à chaque geste, mais, dans un cadre de rééducation, de prévention ou d’entraînement, analyser la façon dont le muscle agit permet d’optimiser les progrès et la récupération.


En moyenne, les muscles peuvent développer 30 à 40 % de force supplémentaire lorsqu’ils travaillent en mode excentrique.

Intensité physique : légère, modérée, soutenue


Au-delà de la façon dont les muscles se contractent, l’intensité d’un effort joue un rôle majeur dans ses effets sur le corps.


On distingue habituellement trois grands niveaux :


  • Intensité légère : on bouge sans essoufflement, la respiration reste stable, et la transpiration est quasi absente.

  • Intensité modérée : le cœur et la respiration s’accélèrent légèrement ; on peut parler, mais plus difficilement chanter.

  • Intensité soutenue : l’effort devient exigeant ; le rythme cardiaque s’intensifie, la chaleur corporelle augmente, et parler en phrases complètes devient difficile.


Ces repères sont universels, mais le ressenti dépend de chacun : une activité soutenue pour une personne peu active peut être modérée pour un sportif.

L’important n’est pas de se comparer, mais de trouver l’intensité qui fait progresser sans épuiser.


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Pourquoi cette distinction d’intensité est importante


Même les efforts les plus doux ont leur place. Une activité physique de faible intensité contribue à réduire le risque de mortalité et de maladies chroniques. Rien de moins ! Tout mouvement compte, surtout lorsqu’il remplace le temps passé assis.


Les recommandations de l’OMS rappellent d’ailleurs que les adultes devraient viser 150 à 300 minutes d’activité modérée, ou 75 à 150 minutes d’activité soutenue chaque semaine, ou encore une combinaison des deux. Et environ 180 minutes d’activité vigoureuse sont associées à une réduction d’environ 20 % du risque de mortalité toutes causes et de 23 % du risque cardiovasculaire par rapport à des niveaux plus faibles.


Les entraînements fractionnés à haute intensité (HIIT) améliorent la fonction vasculaire, la capacité cardio-respiratoire et de plusieurs marqueurs métaboliques, même chez les personnes âgées ou vivant avec une maladie chronique.


En somme, la diversité des intensités est une richesse : les mouvements légers entretiennent, les efforts modérés stabilisent et les efforts soutenus transforment.

L’enjeu n’est donc pas de bouger plus, mais de bouger mieux, selon ses capacités.


Même les efforts les plus doux ont leur place. Une activité physique de faible intensité contribue à réduire le risque de mortalité et de maladies chroniques. Rien de moins !

Combiner contraction + intensité : vers des prescriptions précises


Dire « bouge » sans préciser le comment (type de contraction) ni le combien (niveau d’intensité) revient à donner une recette sans indiquer les ingrédients ni les quantités.

Pour que l’injonction devienne une action crédible, il faut un minimum de cadrage :


  • Quelle contraction ? (excentrique, concentrique, isométrique ou un mélange)

  • Quelle intensité ? (modérée, soutenue — et à quel palier personnel)

  • Quelle durée, quel volume, quelle progression ?


Prenons un exemple concret.

On pourrait proposer 2 à 3 séances par semaine, chacune comprenant :


un échauffement modéré (5 à 10 minutes) ;

des intervalles d’effort soutenu (30 à 60 secondes selon la capacité), suivis de récupération active ;

puis un exercice musculaire combiné : descente lente (excentrique), maintien (isométrique), remontée contrôlée (concentrique) — par exemple 8 à 12 répétitions.


Une telle prescription montre clairement comment bouger concrètement. Elle transforme une injonction vague en stratégie mesurable et progressive, beaucoup plus motivante et surtout plus efficace.



Effets santé démontrés


Les programmes qui visent à augmenter le niveau d’activité physique produisent des effets modestes, mais durables, encore mesurables après deux ans. D’autres analyses confirment qu’une plus grande dépense énergétique, par exemple +1 MET ou +1 000 kcal par semaine, s’associe à une réduction d’environ 20 % du risque de mortalité.


Chez les personnes vivant avec un excès de poids, des niveaux modérés à élevés d’activité réduisent la mortalité toutes causes d’environ 21 % et la mortalité cardiovasculaire d’environ 24 %.


Les bénéfices dépassent aussi le corps : plusieurs types d’exercice — marche, course, musculation — se sont révélés efficaces contre la dépression , comparables à certaines approches médicamenteuses. Et dans le contexte du vieillissement, un volume d’activité de 10 à 14,5 MET-h par semaine est associé à une baisse de 10 à 14 % du risque d’anxiété. Cela correspond, par exemple, à 30 à 40 minutes de marche rapide cinq fois par semaine, ou deux à trois séances de vélo modéré d’environ une heure.


Ces résultats rappellent que la dose, la constance et l’intensité ne sont pas des détails : elles sont au cœur des bénéfices observés. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les recommandations officielles s’expriment en minutes d’intensité modérée ou vigoureuse, plutôt qu’en nombre de pas.


Chez les personnes vivant avec un excès de poids, des niveaux modérés à élevés d’activité réduisent la mortalité toutes causes d’environ 21 % et la mortalité cardiovasculaire d’environ 24 %.

Affiner le discours pour renforcer la crédibilité


Le mot «bouger» part d’une bonne intention, mais sans précision, il reste trop vague pour inspirer un vrai changement. Pour donner du sens au message, il faut des repères simples : la façon de contracter les muscles, le niveau d’effort, la durée et la progression.


Plutôt que de dire « bouge plus », on peut nommer la sensation recherchée : « marche à un rythme où tu respires plus fort, sans être essoufflé » ou « ralentis le mouvement jusqu’à sentir le muscle travailler ». Ces consignes parlent au corps autant qu’à la tête.


Et surtout, cessons d’associer intensité et douleur. L’effort n’a pas besoin de faire mal pour être efficace : il doit provoquer une sensation de chaleur, de vitalité, parfois même de plaisir. C’est souvent à ce moment-là que les endorphines entrent en scène — ces molécules du bien-être qui favorisent la détente, améliorent l’humeur et renforcent l’envie de recommencer.


En résumé : bouger n’est pas qu’une question de quantité, mais aussi de qualité et d’intention. Arrêtons de dire simplement de bouger : aidons plutôt à comprendre comment le faire pour en ressentir tous les bienfaits.


Pour aller plus loin, mes livres Lève-toi et marche et Plus jamais malade proposent d'autres contenus complémentaires.


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Merci de prendre soin de vous – et à très bientôt.


Denis



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Références

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