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Exercice ou injection ? La meilleure solution pour apaiser la hanche douloureuse

  • 10 nov. 2025
  • 5 min de lecture

La douleur sur le côté de la hanche est un motif de consultation fréquent. Elle peut apparaître chez les personnes actives comme sédentaires, après une marche prolongée, une séance d’exercices, ou parfois sans raison apparente.


Dans cet article, je me concentrerai sur ce type particulier de douleur, souvent appelée « douleur latérale de hanche ». Longtemps attribuée à une bursite, elle correspond en réalité, dans bien des cas, à une atteinte des tendons des muscles fessiers. Ce problème regroupe un ensemble de symptômes que les professionnels de la santé désignent sous le nom de syndrome douloureux du grand trochanter.


Pour situer les choses, le grand trochanter est une proéminence osseuse sur le côté de la hanche, point d’attache de plusieurs muscles fessiers. Lorsqu’il devient sensible ou douloureux, c’est souvent le signe d’une souffrance des tissus qui l’entourent, notamment des tendons.


Et lorsque la douleur s’installe, la tentation est grande de recourir à une injection de cortisone pour la « calmer » rapidement. Mais est-ce vraiment la meilleure option ?


Dans mon article d’aujourd’hui, je vous propose de faire le point sur deux approches fréquemment utilisées et comparées : les exercices et les injections — sans prétendre qu’il s’agit des seules stratégies possibles, car d’autres options peuvent aussi contribuer à soulager ou prévenir cette douleur.


Bonne lecture… et bon visionnement, si vous me suivez aussi sur YouTube !



Quand la douleur vient d’un tendon fessier


Avant d’aller plus loin, rappelons qu’il est essentiel d’obtenir un diagnostic précis. Identifier la structure anatomique réellement en cause — tendon, bourse, muscle ou articulation voisine — demeure une étape incontournable. Dans bien des cas, la personne qui souffre décrit surtout l’endroit où la douleur se fait sentir, sans pouvoir déterminer quelle structure est touchée. C’est pourquoi, dans cet article, je m’appuie avant tout sur la localisation de la douleur, tout en soulignant l’importance d’une évaluation par un professionnel de la santé, comme un ou une physiothérapeute, afin d’établir un plan d’intervention adapté.


La douleur latérale de hanche se manifeste souvent lors de la marche, de la montée d’escaliers ou en position couchée sur le côté. Elle peut coexister avec de l’arthrose, mais n’en dépend pas nécessairement. Dans la majorité des cas, elle est liée à une irritation ou à une dégénérescence progressive des tendons du moyen et du petit fessier, essentiels à la stabilité latérale du bassin.


Cette affection est tenace : elle évolue souvent par épisodes, parfois sur plusieurs mois, et peut perturber à la fois le sommeil, la mobilité et les activités quotidiennes.


Des revues scientifiques récentes montrent que les exercices ciblés offrent de meilleurs résultats à moyen et long terme que les injections de cortisone. Les injections peuvent soulager rapidement la douleur, mais leurs effets s’estompent après quelques semaines, tandis que l’exercice, lorsqu’il est bien planifié et bien dosé, améliore durablement la fonction, la mobilité et la tolérance à la charge.


Autrement dit, ce qui calme le symptôme n’est pas toujours ce qui soigne la cause.

Longtemps attribuée à une bursite, la douleur latérale de la hanche correspond en réalité, dans bien des cas, à une atteinte des tendons des muscles fessiers.

Bouger, mais pas n’importe comment


Les recherches récentes confirment que les effets de l’exercice dépendent largement de la façon dont il est conçu et accompagné. Il ne s’agit pas seulement de suivre un programme, mais de coconstruire une démarche personnalisée avec un professionnel de la santé, comme un physiothérapeute, au Québec. Ensemble, on choisit les bons mouvements, on les dose selon la tolérance et on ajuste la charge au fil du temps — trois ingrédients essentiels pour progresser sans aggraver la douleur. La motivation, le temps disponible et les préférences de chacun font aussi partie de l’équation.


Une revue scientifique a comparé les principales approches non chirurgicales et non invasives pour traiter ce type de douleur. Elle place l’exercice en tête de liste pour la réduction de la douleur et l’amélioration fonctionnelle, devant les injections, dont l’effet, bien que parfois rapide, tend à être plus temporaire.


Un programme bien construit, combinant le renforcement des muscles fessiers, le contrôle du bassin et les exercices d’abduction de hanche, procure de meilleurs résultats que des exercices isolés ou mal dosés.

Des revues scientifiques récentes montrent que les exercices ciblés offrent de meilleurs résultats à moyen et long terme que les injections de cortisone.

Vers une feuille de route pratique


Avant de vouloir traiter la douleur, il est essentiel de comprendre ce qui la provoque. Une douleur située sur le côté de la hanche peut provenir du tendon lui-même, mais aussi du dos, de l’articulation sacro-iliaque ou même du genou. D’où l’importance de consulter un ou une physiothérapeute, qui pourra identifier les structures anatomiques en cause ou, à tout le moins, formuler des hypothèses crédibles.


La complexité de ces douleurs nous rappelle que le corps ne parle pas toujours d’une seule voix, et qu’apprendre à tolérer une part d’incertitude fait souvent partie du processus clinique. Cette évaluation permet ensuite d’orienter le traitement, d’ajuster la charge et de prévenir les rechutes.


Lorsqu’une tendinopathie d’un ou plusieurs tendons fessiers est confirmée, rappelons que le tendon guérit lentement : les progrès se mesurent souvent sur plusieurs semaines, parfois sur quelques mois. La prise en charge initiale repose généralement sur un programme d’exercices progressifs, ajusté à la douleur, à la tolérance et à la capacité fonctionnelle de la personne.


D’autres interventions peuvent aussi être envisagées selon les besoins : ondes de choc, plasma riche en plaquettes ou encore certaines approches manuelles, qui ont montré des effets intéressants.

Dans ce texte, je me concentre plus particulièrement sur deux stratégies souvent comparées : les exercices et les injections de cortisone.


Voici quelques repères généraux lorsqu’un programme d’exercices est amorcé :


  • Activation et renforcement des muscles fessiers et du tronc : abduction, gainage latéral, contrôle postural ;

  • Progression lente des charges, trois à quatre fois par semaine, en respectant la tolérance ;

  • Objectif principal : améliorer la tolérance mécanique du tendon sans augmenter la douleur le lendemain.


Dans certains cas, il arrive qu’une injection de cortisone soit proposée pour réduire la douleur et faciliter la poursuite du programme d’exercices. Cette option peut être utile à court terme, à condition d’être intégrée à une démarche globale de rééducation.

Cependant, les injections répétées de cortisone comportent des effets indésirables bien connus : fragilisation du tendon, altération des tissus et risque accru de rechute.

Elles doivent donc rester une mesure ponctuelle, décidée avec discernement et en concertation avec le ou la professionnelle qui assure le suivi.

Lorsqu’une tendinopathie d’un ou plusieurs tendons fessiers est confirmée, rappelons que le tendon guérit lentement : les progrès se mesurent souvent sur plusieurs semaines, parfois sur quelques mois

À retenir


Pour une proportion élevée des douleurs situées sur le côté de la hanche, l’exercice demeure le traitement de première intention. Les injections peuvent parfois aider, mais elles ne remplacent ni l’évaluation ni la rééducation. Miser d’abord sur le mouvement, la progression et l’accompagnement personnalisé demeure le meilleur moyen de retrouver une hanche fonctionnelle, un appui solide et une confiance durable dans le mouvement.



Pour aller plus loin, mes livres Lève-toi et marche et Plus jamais malade proposent d'autres contenus complémentaires.


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Denis



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Références


Kjeldsen T, Hvidt KJ, Bohn MB, Mygind-Klavsen B, Lind M, Semciw AI, Mechlenburg I. Exercise compared to a control condition or other conservative treatment options in patients with Greater Trochanteric Pain Syndrome: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Physiotherapy. 2024 Jun;123:69-80. doi: 10.1016/j.physio.2024.01.001. Epub 2024 Jan 5. PMID: 38295551.


Wang SQ, Guo NY, Liu W, Huang HJ, Xu BB, Wang JQ. Effect of conservative treatment on greater trochanteric pain syndrome: a systematic review and network meta-analysis of randomized controlled trials. J Orthop Surg Res. 2025 Jan 31;20(1):126. doi: 10.1186/s13018-025-05477-w. PMID: 39891188; PMCID: PMC11783921.


 
 

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