Hanche : 3 erreurs qui peuvent fragiliser vos hanches sans que vous le sachiez
- 8 févr.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 12 févr.

La hanche est une articulation portante, conçue pour supporter le poids du corps tout en permettant des mouvements amples et efficaces. Stable mais mobile, puissante mais précise, elle nous accompagne à chaque pas. Pourtant, lorsqu’une douleur apparaît, certains réflexes — bien humains — peuvent nuire davantage qu’aider.
Dans mon article d’aujourd’hui, je vous propose de découvrir trois erreurs fréquentes que j’observe en clinique. Comprendre ces pièges permet souvent d’agir plus tôt, de reprendre ses activités avec confiance, et d’éviter que le problème ne s’installe.
Pour d’autres conseils pratiques et des exercices guidés, je vous invite aussi à visiter ma chaîne YouTube.
Erreur 1
Croire que toute douleur de hanche est de l’arthrose
Lorsqu’une hanche fait mal, plusieurs pensent immédiatement à l’usure. Pourtant, la douleur située sur le côté de la hanche provient souvent des tendons des muscles fessiers — notamment le moyen et le petit fessier — plutôt que de l’articulation elle-même. Et ce, même si l'arthrose est visible à l'imagerie médicale.
Une revue systématique récente montre que des programmes d’exercices améliorent la fonction chez les personnes ayant une tendinopathie des fessiers, avec des bénéfices observés à court et à long terme.
Cette condition est d’ailleurs considérée comme la cause la plus fréquente de douleur latérale de hanche, et elle touche autant les adultes sédentaires que les personnes physiquement actives. 
Les symptômes peuvent apparaître dans des situations très courantes : marcher, monter les escaliers, se lever d’une chaise ou encore dormir sur le côté atteint. 
Sans prise en charge appropriée, les symptômes peuvent même persister jusqu’à cinq ans chez près d’une personne sur trois — un rappel que ce type de douleur mérite qu’on s’y attarde. 
Autrement dit : une hanche douloureuse n’est pas forcément une hanche « usée ». Pensez à une corde trop sollicitée plutôt qu’à une charnière abîmée. Cette nuance change tout — notamment le traitement.
Erreur 2
Attendre avant de consulter… et laisser le corps s’adapter sur le long terme
Lorsqu’une gêne apparaît, beaucoup espèrent que « ça passera » au fil des semaines ou des mois. Pourtant, l’évolution naturelle des tendinopathies n’est pas toujours favorable : sans intervention appropriée, les symptômes ont tendance à persister plutôt qu’à s’améliorer. 
En attendant, le corps s’organise autrement : on raccourcit le pas, on évite certains mouvements, on transfère le poids ailleurs. Ces ajustements peuvent sembler anodins, mais ils risquent de modifier la façon dont les charges se répartissent autour de la hanche.
La recherche montre d’ailleurs que les interventions basées sur l’exercice — souvent combinées à de l’éducation — sont supérieures à une approche minimale comme le simple « attendre et voir » pour améliorer la fonction et la sévérité des symptômes, à court comme à long terme.  
Autrement dit, ne rien changer en espérant que le temps règle le problème n’est pas toujours la stratégie la plus payante.
Imaginez conduire une voiture dont l’alignement est légèrement déréglé. Elle roule encore — mais les pneus s’usent plus vite. Attendre quelques mois de plus ne risque guère d'améliorer les choses.
Consulter tôt ne signifie pas dramatiser la situation, au contraire. Cela permet plutôt d’ajuster certains paramètres importants : la charge imposée aux tendons, la progression des exercices ou encore le contrôle du mouvement.
Les programmes efficaces reposent notamment sur une augmentation graduelle des charges, sans provoquer de hausse marquée de la douleur. 
Souvent, quelques ajustements bien ciblés suffisent à éviter qu’un inconfort passager ne devienne un problème plus tenace.
Erreur 3
Négliger la force des muscles fessiers
Les muscles fessiers jouent un rôle déterminant dans la stabilité de la hanche. À chaque pas, ils contribuent à maintenir le bassin aligné et à répartir les charges de façon plus harmonieuse. Ils sont à la fois à nos activités de la vie de tous les jours ainsi qu'à nos activités sportives.
Lorsque les fessiers perdent en capacité — que ce soit en force ou en endurance — certaines structures autour de la hanche peuvent être davantage sollicitées.
Bonne nouvelle : le mouvement aide.
Une méta-analyse portant sur l’arthrose de la hanche montre que l’exercice est associé à des améliorations de la douleur et de la mobilité fonctionnelle.
D’autres travaux rapportent également des bénéfices sur la douleur, la fonction et l’équilibre grâce à des programmes d’exercices réalisés à domicile.
Renforcer les muscles n'est pas synonyme de s’entraîner à l'aveugle ni comme un athlète. Il s’agit plutôt de redonner à la hanche une capacité suffisante pour tolérer les exigences du quotidien — marcher longtemps, monter un escalier ou transporter des charges sans inconfort.
Une hanche forte est souvent une hanche plus tolérante.
Ce n’est donc pas la recherche de performance qui compte — bien qu'elle ne soit pas exclue —, mais celle d’une réserve fonctionnelle : un peu comme un coussin de sécurité qui permet au corps de mieux faire face aux imprévus.
À retenir
La hanche n’est pas fragile. Elle est surtout sensible à la façon dont on l’utilise.
Toute douleur n’est pas forcément liée à l’arthrose.
Attendre peut laisser des adaptations s’installer.
La force musculaire demeure une alliée précieuse.
Rester actif compte parmi les meilleurs investissements pour la santé de vos hanches — à condition d’agir avec discernement.
Et bien souvent, la clé n’est pas d’en faire davantage… mais d’adopter des mouvements mieux adaptés.
Pour aller plus loin, mes livres Lève-toi et marche et Plus jamais malade proposent d'autres contenus complémentaires.
On peut aussi s’abonner gratuitement à mon infolettre et recevoir chaque semaine des conseils pratiques et du contenu exclusif.
Merci de prendre soin de vous – et à très bientôt.
Denis
Davantage de contenus
Vous trouverez d'autres contenus sur mes différentes plateformes:
Mon infolettre à laquelle vous pouvez vous abonner gratuitement
Mes livres
Ma page Facebook
Ma chaîne YouTube.
Références
Caduda SDS, Andrade TS, Menezes MA, Leite Dos Santos Moraes T, Silva IB, Pereira de Farias Neto J, Monteiro da Silva Junior W. Is physical exercise effective in improving pain, functional mobility and quality of life in individuals with hip osteoarthritis? A systematic review with meta-analysis. J Bodyw Mov Ther. 2025 Mar;41:121-130. doi: 10.1016/j.jbmt.2024.11.010. Epub 2024 Nov 9. PMID: 39663077.
Mao Y, Qiu B, Wang W, Zhou P, Ou Z. Efficacy of home-based exercise in the treatment of pain and disability at the hip and knee in patients with osteoarthritis: a systematic review and meta-analysis. BMC Musculoskelet Disord. 2024 Jun 26;25(1):499. doi: 10.1186/s12891-024-07585-w. PMID: 38926896; PMCID: PMC11201901.
Patricio Cordeiro TT, Rocha EAB, Scattone Silva R. Effects of exercise-based interventions on gluteal tendinopathy. Systematic review with meta-analysis. Sci Rep. 2024 Feb 9;14(1):3343. doi: 10.1038/s41598-024-53283-x. PMID: 38336959; PMCID: PMC10858207.
