Ce que vous devez savoir sur les opioïdes


Vous croyez que seuls les toxicomanes sont concernés par la crise des opioïdes?

Erreur.

Il s’agit d’un problème de santé publique qui nous concerne tous.

Mon article d’aujourd’hui vous présente des informations sur les opioïdes et des conseils pour éviter ou limiter leur utilisation. La douleur est parfois considérée comme le 5e signe vital, après la température, le pouls, la respiration et la tension artérielle. Il vous faut la combattre, certes, mais de façon efficace, mais surtout pas au prix de votre vie.

Bonne lecture!

Denis

LA CRISE

Les opioïdes: de kessé?

Les opioïdes (ou opiacés) forment une famille de plusieurs médicaments qui sont vendus sous ordonnance. Ils sont principalement prescrits pour soulager la douleur.

Voici les plus connus:

  • la codéine, comme l’Empracet ou le Tylénol 3 ;

  • le fentanyl. Il est 100 fois plus toxique que la morphine ;

  • la morphine ;

  • l’oxycodone, dont l’Oxycontin, le Percodan et le Percocet ;

  • l’hydromophone, dont le Dilaudid.

Les opioïdes ne sont pas des petits bonbons inoffensifs Ils sont associés à plusieurs effets secondaires, dont les nausées, les vomissements, les étourdissements, la constipation et la rétention urinaire.

Souvenez-vous de ceci: votre corps produit des opioïdes. On les appelle les opioïdes endogènes (ex.: les endorphines ) et ils sont notamment impliqués dans la sensation de plaisir, le soulagement de la douleur et la régulation de l’humeur. L’activité physique est une façon efficace de stimuler leur production.

Des chiffres à faire frémir

La crise des opioïdes est sans précédent et elle est terriblement meurtrière, notamment aux États-Unis et au Canada. Si vous en doutiez encore, voici quelques données qui vous convaincront:

  • Aux États-Unis seulement, 2,5 millions de personnes font un usage problématique des opioïdes. Cela est associé à plus de 60 000 décès par surdose, et ce, chaque année. Un chiffre qui excède le nombre de décès causés par les accidents de voiture ET ceux causés par les armes à feu.

  • En 2012, 2,4% des résidents de la Colombie-Britannique utilisaient les opioïdes de façon prolongée.

  • Au Canada, près de 50% des décès reliés aux opioïdes impliquaient une prescription d’opioïdes, une donnée qui permet de défaire le mythe que la crise n’est reliée qu’au marché illicite de la drogue.

  • La crise du SRAS a sévi au début des années 2000. Elle a tristement causé la mort de 43 Canadiens. La crise des opioïdes en tue 54 ... par semaine! Et la crise sévit toujours.

  • 13 Canadiens sont hospitalisés chaque jour pour un empoisonnement aux opioïdes, dont 25% sont âgés de 65 ans et plus.


Les opioïdes sont-ils inutiles?

La réponse à cette question est: non. Les opioïdes ont leur rôle à jouer dans le soulagement de la douleur. Leur utilisation permet de la diminuer dans certains contextes, notamment en présence de douleur aiguë, c’est-à-dire d'une douleur très récente, comme celle qui survient après une chirurgie ou un accident de voiture.

Or, les opioïdes sont loin d’être des médicaments miracles et c’est pourquoi les instances de santé publique limitent leur utilisation.


Recommandations canadiennes

Il est recommandé d'optimiser le traitement pharmacologique non-opioïde ainsi que le traitement non pharmacologique, plutôt que d'introduire un opioïde. Pour les patients souffrant de douleur chronique non cancéreuse recevant un traitement opioïde et qui ont de grandes difficultés à réduire progressivement leur dose d’opioïdes, il faut adresser ces patients vers un programme de prise en charge multidisciplinaire de la douleur notamment composé d'infirmiers, de pharmaciens, de physiothérapeutes, de chiropraticiens, de kinésiologues, d'ergothérapeutes, de psychiatres et de psychologues.


Le département de santé de la ville de New York

La quantité d'opioïdes prescrite est limitée à 3 jours chez un patient souffrant qui se présente à l’urgence et la prescription ne devrait pas être renouvelée même si elle est perdue, volée ou détruite.

Des bémols quant à l’utilisation prolongée

Dans un contexte de douleur chronique, soit lorsque la douleur est présente pour une durée de plus de 3 mois, l’efficacité des opioïdes est remise en doute.

Voici quelques statistiques concernant l’utilisation prolongée d’opioïdes, tirées d’articles scientifiques récents:

  • Elle ne serait pas efficace quant au soulagement de la douleur chronique et elle n’améliorerait pas les capacités fonctionnelles de la personne.

  • Elle serait associée à une récupération incomplète.

  • Le des personnes qui ont recours aux opioïdes en prennent encore un an plus tard.

  • En Colombie-Britannique, les utilisateurs chroniques représentent 10% des personnes qui ont déjà reçu une prescription d’opioïdes. Or, ils consomment 87% des doses prescrites en une année.

  • 7% des personnes qui ont une chirurgie à la hanche ou au genou prennent toujours des opioïdes un an plus tard.

  • 72% des personnes qui prennent des opioïdes durant les 4 mois précédant une chirurgie à la hanche ou au genou deviendraient des utilisateurs chroniques d’opioïdes.

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Pourtant, les meilleurs conseils de Denis se trouvent dans ses livres, dont:

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Êtes-vous à risque?

Vous êtes plus à risque de faire un usage chronique d’opioïdes si vous êtes hospitalisé de façon prolongée, si vous avez de la douleur au bas du dos, si vous souffrez d’arthrite rhumatoïde, de fibromyalgie, de migraine et si vous fumez.

Les personnes souffrant également de dépression et d’anxiété seraient plus à risque d’utilisation prolongée d’opioïdes et recevraient plus fréquemment des doses très élevées. Celles qui prennent des opioïdes durant plus de 90 jours auraient aussi un risque élevé d’un usage chronique.

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Les solutions

Ressources (très) humaines

Il existe plusieurs alternatives à l’utilisation des opioïdes et celles-ci sont reconnues par la communauté scientifique et par le corps médical. Elles font appel à des ressources humaines, comme aux infirmières, aux physiothérapeutes, aux psychologues et aux pharmaciens.

Pourtant, cest plutôt le nombre de prescriptions d’opioïdes qui est à la hausse, plutôt que le recours à des stratégies efficaces et sans conséquences potentiellement mortelles.

Voici un graphique tiré de cette étude qui présente l’évolution des prescriptions d’opioïdes et les références en physiothérapie.


Le temps n’est-il pas venu de les valoriser et de les utiliser davantage? En voici quelques-unes:

Les infirmières expertes en gestion de la douleur

Une étude publiée dans la revue American Congress of Rehabilitation Medicine a démontré que les interventions d’une infirmière experte en gestion de la douleur permettaient de mieux contrôler l’utilisation d’opioïdes par le patient et de réduire les doses dans un contexte de réadaptation. Le rôle de l’infirmière est multiple à cet égard. Elle peut notamment intervenir auprès du patient et de l’équipe soignante, de façon individuelle ou en groupe.


Les physiothérapeutes

Les patients souffrant de maux de dos qui ne sont pas référés en physiothérapie sont plus susceptibles de recevoir une prescription d’opioïdes. Bien que le coût direct des opioïdes est plus bas à court terme que celui des traitements de réadaptation, le prix à payer à moyen et long terme semble beaucoup plus élevé.

Fait intéressant: aux États-Unis, le coût annuel direct et indirect des opioïdes s’élève à 78,5 milliards de dollars.

L’électrothérapie (ex.: le tens et l’ultrason) et la respiration abdominale font aussi partie des stratégies utilisées par les professionnels de la physiothérapie pour soulager la douleur et contrer l’utilisation prolongée d’opioïdes.

Les acupuncteurs

Les traitements d’acupuncture administrés après une chirurgie permettraient de réduire la douleur et de limiter l’utilisation des opioïdes, notamment après une chirurgie de remplacement de la hanche.

Les pharmaciens

Les pharmaciens sont des intervenants de premier ordre pour promouvoir d’autres types de médicaments que des opioïdes, grâce à leurs expertisent ainsi qu'aux rapports étroits qu’ils entretiennent avec le médecin traitant.

D’autres options existent. Certaines sont parfois plus efficaces que les opioïdes et d’autres permettent d'éviter un usage excessif.

Par exemple, une étude publiée récemment par des chercheurs français a établi que la combinaison d’acétaminophène et d’un anti-inflammatoire non-stéroïdien était efficace pour réduire l’utilisation de la morphine après une chirurgie.

Les cliniques de la douleur


Les équipes interdisciplinaires qui travaillent dans les cliniques de la douleur sont en mesure de vous offrir des soins, notamment dans un souci d’éviter ou de réduire l’utilisation d’opioïdes. Ces équipes sont généralement formées d’anesthésistes, de médecins spécialistes, d’infirmières, de physiothérapeutes et de psychologues. Pour trouver la clinique de la douleur la plus près de chez vous, consultez le site de la Société québécoise de la douleur.


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