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Bassin et bas du dos : une relation mécanique clé derrière bien des douleurs

  • Photo du rédacteur: Denis Fortier
    Denis Fortier
  • 14 déc. 2025
  • 4 min de lecture

Le bas du dos est souvent pointé du doigt lorsqu’une douleur apparaît. Pourtant, il agit rarement seul. Autour de lui gravite une structure centrale, à la fois solide et mobile : le bassin. Situé au carrefour du tronc et des membres inférieurs, il joue un rôle fondamental dans la répartition des forces, la stabilité et l’efficacité des mouvements du quotidien. Lorsqu’un déséquilibre s’installe à ce niveau, le bas du dos se retrouve fréquemment en première ligne.


Dans mon article d’aujourd’hui, il est question de la relation étroite entre le bassin et le bas du dos, de ce qui se passe lorsque cet équilibre mécanique est perturbé, et de ce que des travaux récents mettent en lumière quant au rôle des muscles et des articulations de cette région souvent négligée dans la compréhension de la douleur.


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Comment tout est connecté


Pour le dire simplement, le bassin agit comme une plateforme de passage entre la colonne vertébrale et les membres inférieurs. Il est formé de trois os principaux : les deux os iliaques (droit et gauche) et le sacrum, situé à l’arrière.


Ces os s’articulent entre eux au niveau des articulations sacro-iliaques, à l’arrière, et de la symphyse pubienne, à l’avant. Le sacrum joue un rôle charnière : il reçoit les forces provenant du haut du corps et les redistribue vers le bassin et les membres inférieurs — et, en retour, transmet vers la colonne les forces générées par les jambes.


Autour de ces structures osseuses se trouvent de nombreux muscles. Certains contribuent principalement à la stabilité du bassin, d’autres à la répartition des forces entre le tronc et les jambes. Cette organisation est sollicitée dans une foule de situations : parfois complexes, comme changer rapidement de direction en courant, et parfois très simples, comme rester en équilibre sur une jambe pour enfiler un pantalon.


Lorsque cette organisation fonctionne bien, les contraintes mécaniques sont absorbées et réparties efficacement. En revanche, si certains muscles sont moins bien recrutés ou si une articulation devient moins stable, le bas du dos est souvent appelé à en faire davantage pour maintenir l’équilibre et la fluidité du mouvement. Les genoux peuvent également écoper.


C’est ce fonctionnement étroitement lié qui explique pourquoi une douleur ressentie dans le bas du dos peut être influencée par un problème mécanique situé juste en dessous, au niveau du bassin.

Le bassin agit comme une plateforme de passage entre la colonne vertébrale et les membres inférieurs. Il est formé de trois os principaux : les deux os iliaques et le sacrum, situé à l’arrière.

Quand la mécanique se dérègle


Des travaux récents convergent vers la même conclusion : la douleur lombo-pelvienne est rarement attribuable à un seul facteur isolé. Une revue s’est penchée sur les interventions chez les personnes présentant une dysfonction de l’articulation sacro-iliaque. Les résultats montrent que les approches actives — notamment les exercices visant la stabilité et le contrôle musculaire — contribuent à réduire la douleur et à améliorer la fonction.


Ces interventions sollicitent plusieurs muscles clés du bassin, dont les muscles fessiers, les abdominaux profonds et certains muscles lombaires, tous impliqués dans le contrôle de la position et du mouvement du bassin.


D’autres travaux ont mis en évidence un phénomène complémentaire : l’inhibition de certains muscles du bassin et son influence sur la mécanique lombo-pelvienne. Lorsque ces muscles sont moins bien recrutés, l’organisation mécanique du bassin se modifie, ce qui peut augmenter les contraintes exercées sur la colonne lombaire et favoriser l’apparition ou la persistance de douleurs.


Il ne s’agit donc pas simplement de « renforcer » ou « d’étirer » une région isolée, mais bien de «réharmoniser» le fonctionnement mécanique entre le bassin et le bas du dos.

Lorsque les muscles du bassin sont moins bien recrutés, l’organisation mécanique se modifie, ce qui peut augmenter les contraintes exercées sur la colonne lombaire et favoriser l’apparition ou la persistance de douleurs.

Changer le regard sur la douleur lombaire


Cette compréhension modifie la façon d’aborder les douleurs lombaires. Elle rappelle que le problème ne réside pas toujours dans une fragilité de la colonne elle-même, mais souvent dans une organisation mécanique moins efficace de l’ensemble lombo-pelvien.


Pour y voir plus clair, il est utile de distinguer trois notions complémentaires :


  • Stabilité: la capacité à maintenir un alignement ou une position malgré les forces qui s’exercent sur le corps.

  • Contrôle: l’aptitude du système nerveux à activer les bons muscles, au bon moment et avec la bonne intensité.

  • Coordination: la façon dont muscles et articulations travaillent ensemble pour produire un mouvement fluide et efficace.


En clinique comme dans la vie quotidienne, cette approche invite à déplacer le regard : plutôt que de se concentrer uniquement sur l’endroit qui fait mal, on s’intéresse à la façon dont le corps gère — ou peine à gérer — les forces qui le traversent.



En résumé


Le bassin et le bas du dos entretiennent une relation mécanique étroite, discrète, mais essentielle. Lorsqu’elle est perturbée, la douleur peut apparaître là où on l’attend le plus : dans le bas du dos. Mieux comprendre cette relation, c’est déjà ouvrir la porte à des solutions plus durables et plus cohérentes.



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Denis



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Références


Cooper NA, Scavo KM, Strickland KJ, Tipayamongkol N, Nicholson JD, Bewyer DC, Sluka KA. Prevalence of gluteus medius weakness in people with chronic low back pain compared to healthy controls. Eur Spine J. 2016 Apr;25(4):1258-65. doi: 10.1007/s00586-015-4027-6. Epub 2015 May 26. PMID: 26006705.


Jangra P, Kaur J, Malik M, Rani M. A systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials on the effect of various therapeutic interventions on sacroiliac joint dysfunction. J Bodyw Mov Ther. 2025 Dec;45:627-638. doi: 10.1016/j.jbmt.2025.09.019. Epub 2025 Sep 26. PMID: 41316629.


Powers CM. The influence of abnormal hip mechanics on knee injury: a biomechanical perspective. J Orthop Sports Phys Ther. 2010 Feb;40(2):42-51. doi: 10.2519/jospt.2010.3337. PMID: 20118526.

 
 
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