7 liens étonnants entre la douleur et l’avancée en âge


Il est parfois révoltant d’entendre mes patients se faire répondre par leurs proches — et même certains professionnels de la santé — qu’il n’y a rien à faire pour soulager les douleurs.


«C’est normal à ton âge», leur dit-on trop souvent.


Cette façon de mettre tous les maux de la terre sur le compte de l’âge me choque au point d'avoir écrit sur un livre sur le sujet: C’est normal à votre âge? Arguments musclés pour prendre votre santé en main.


L’avancée en âge n’est pas une tare, mais un fait de la vie qui a certes de mauvais côtés, mais aussi de très bons côtés.


Mon article d’aujourd’hui s’intéresse plus particulièrement aux liens entre la douleur et les processus de vieillissement. Je crois que c’est en les comprenant mieux et en les démythifiant, on arrivera à combattre les stéréotypes sur l’avancée en âge.


Car non, toutes les douleurs ne s’expliquent pas par le temps qui s’est écoulé depuis votre naissance.


Bonne lecture!


Denis

Pour ne jamais souffrir en silence


La douleur ne fait pas partie des processus de vieillissement normaux, contrairement au grisonnement des cheveux, aux rides ou à la baisse de densité osseuse, qui eux, sont universels.


Dit autrement: vous n’êtes pas condamné à la douleur parce que vous avez tel ou tel âge, bien que le risque de douleur augmente avec les décennies.


Celle-ci se manifeste cependant différemment avec les années, ce qui s’explique notamment par certains changements physiologiques. Ces derniers peuvent en effet altérer votre façon de percevoir, d’analyser et d’exprimer la douleur.


Il est d’ailleurs essentiel d’en tenir compte afin d’élaborer un plan de traitement adapté, efficace et dont les bienfaits sont durables, plutôt que de vous dire «c’est normal à mon âge» et de souffrir en silence.


Voici donc 7 liens étonnants entre la douleur et les processus de vieillissement qui, j’espère, vous permettra de mieux soulager la douleur, mais aussi d’étayer votre réflexion pour mieux la comprendre.



1. L’augmentation du seuil de douleur


Le seuil de douleur est un concept complexe. Il représente le seuil auquel une sensation perçue est exprimée comme étant douloureuse. Notez qu’il est subjectif et varie d’une personne à l’autre.


Une méta-analyse publiée par des chercheurs allemands a conclu que le seuil de douleur s’élève généralement avec l’âge, c’est-à-dire qu’on perçoit plus tardivement la douleur.


Pour rappel, la douleur est un signal d’alarme, dont la fonction première est de vous protéger.


Par exemple, la peau de la main posée sur une surface brûlante déclenche immédiatement une sensation douloureuse pour éviter la brûlure.


C’est le même principe avec la douleur au pied causée par une fasciite. Elle vous empêche de marcher trop longtemps pour donner l’occasion à votre corps de guérir lui-même la blessure au fascia.


Or, le fait de ressentir le mal plus tardivement accroît votre risque d’aggraver votre état, par exemple en effectuant des mouvements que vous n’auriez pas faits en présence de douleur.

2. Votre tolérance à la douleur


La tolérance à la douleur est un concept qui s’apparente au seuil de douleur. Elle varie également selon les personnes et elle serait diminuée par l’avancée en âge, contrairement au seuil de douleur qui serait augmenté.


Cela fait en sorte qu'une fois la douleur ressentie, elle serait plus rapidement interprétée comme étant perturbante, incapacitante ou intolérable, et elle perturberait davantage vos activités.


Une des questions qui m’est le plus souvent posée en lien avec la tolérance à la douleur: doit-on faire de l’activité physique malgré la douleur? La réponse se trouve dans cette vidéo.


La tolérance à la douleur serait diminuée par l’avancée en âge, contrairement au seuil de douleur qui serait augmenté.

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3. Votre état de santé


Certains problèmes de santé peuvent vous priver de vos protections naturelles contre la douleur.


Que vous soyez jeune ou vieux!


Bien sûr, le risque de contracter une maladie chronique ou dégénérative augmente avec les décennies. Et celles-ci sont associées à des phénomènes douloureux.


C’est notamment le cas des maladies comme le diabète, l’arthrite, la maladie d’Alzheimer ainsi que des problèmes comme le manque de sommeil, les changements hormonaux et le stress chronique.


4. Les médicaments que vous prenez (et les réactions de votre corps à ceux-ci)


Les réactions biochimiques que provoquent les médicaments changent avec l’avancée en âge.


Vous réagissez donc différemment aux médicaments avec le temps qui passe.


Par exemple, certains d’entre eux risquent de demeurer plus longtemps dans votre corps, et votre sensibilité à certains médicaments peut être modifiée.


Le fait de prendre simultanément plusieurs types de médicaments risque aussi d’avoir des effets sur votre douleur, comme en provoquer.


N’acceptez donc jamais la réponse «c’est normal à votre âge» avant que chacun de vos médicaments n’ait fait l’objet d’une révision par votre médecin en collaboration avec votre pharmacien. Les interactions potentielles entre chacun d’eux doivent également être considérées.


Dans certains cas, les médicaments n’ont aucun lien avec la douleur ressentie par la personne, mais parfois, ils sont à la source d’effets indésirables qui provoquent une douleur.


À cet égard, je vous conseille l’excellent site web Choisir avec soin; une mine de renseignements pour, entre autres, mieux comprendre les effets des médicaments sur votre santé.


5. Les changements dans votre cerveau


Le cerveau maintient jusqu’à notre dernier souffle une incroyable capacité d’adaptation.


Sa plasticité vous permet de contourner plusieurs processus de vieillissement, notamment grâce à la réserve cognitive, un concept dont je vous ai souvent parlé.


Mais les changements qui surviennent dans votre cerveau peuvent également modifier votre façon de percevoir, d’analyser et d’exprimer votre douleur.


Ceux-ci concernent la structure même de votre cerveau, comme les substances blanche et grise, dont le volume diminue graduellement au fil des ans.


Dans certains cas, les médicaments n’ont aucun lien avec la douleur ressentie par la personne, mais parfois, ils sont à la source d’effets indésirables qui provoquent une douleur.

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6. Vos neurotransmetteurs


Les neurotransmetteurs sont des substances chimiques qui permettent à vos nerfs de communiquer entre eux, notamment en présence de douleur.


Les problèmes liés aux neurotransmetteurs sont d’ailleurs à la source de plusieurs affections, comme la maladie de Parkinson.


Or, la quantité de certains neurotransmetteurs baisse avec l’âge, et cela peut altérer la transmission du signal douloureux.


Cette situation ne doit pas être considérée comme une fatalité, mais plutôt comme une caractéristique des processus de vieillissement et doit être tenue en compte lors de l’élaboration du plan de traitement.


7. Vos gradateurs


Lorsqu’on a mal, on veut être soulagé. Point.


La complexité du phénomène de la douleur n’est peut-être pas la première préoccupation.


Mais dans un contexte de douleur chronique, cette complexité est une des clés du soulagement. Mieux comprendre les circuits nerveux nous aide à obtenir un soulagement plus efficace. Et ces circuits sont souvent modifiés par les processus de vieillissement.


Par exemple, la douleur arrive à votre cerveau après avoir emprunté des boucles constituées de plusieurs nerfs. Celles-ci agissent comme des gradateurs en réduisant ou en amplifiant votre douleur.


Avec l’âge, des boucles nerveuses peuvent devenir moins efficaces et augmenter la sensation douloureuse dans certains contextes, comme dans le cas d’une douleur chronique au bas du dos qui s’amplifie avec les années sans raison apparente.


C’est d’ailleurs pour cette raison (et plusieurs autres), que l’utilisation d’opioïdes devrait être supervisée régulièrement chez les personnes plus âgées.

Avec l’âge, des boucles nerveuses peuvent devenir moins efficaces et augmenter la sensation douloureuse dans certains contextes.

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